Gioia Tauro : le front de mer, l’antique Metauros et la plaine des oliviers
Gioia Tauro s’ouvre sur le golfe qui porte son nom, dans la province de Reggio de Calabre, là où la plaine atteint la mer sans collines pour s’interposer. C’est une ville d’une vingtaine de milliers d’habitants, large et plate, avec le noyau ancien sur le plateau et le quartier Marina posé contre la plage.
On y trouve deux choses distinctes et proches : du sable large et des kilomètres de front de mer à parcourir à pied ou à vélo, et la campagne derrière, la Piana di Gioia Tauro (plaine de Gioia Tauro), avec ses oliveraies séculaires et ses vergers d’agrumes qui se remplissent de clémentines dès octobre. Sous la ville moderne subsiste Metauros, la colonie grecque d’où tout est parti.
Palmi et la Costa Viola sont à un quart d’heure de voiture, l’Aspromonte à un peu plus d’une demi-heure, et la gare est desservie aussi par les trains grandes lignes : comme camp de base, Gioia Tauro est commode.
Le front de mer, la jetée et la plage de Marina di Gioia
La plage de Gioia Tauro est de sable et court sur plusieurs kilomètres le long du quartier Marina, au nord-ouest du centre. Elle est large, des portions libres alternant avec les établissements balnéaires, et on y accède à pied depuis les rues du centre car la ville est presque entièrement plate.
Derrière le sable court le front de mer, aménagé avec une piste cyclable, une aire de jeux pour les enfants et des fontaines. C’est là que Gioia Tauro passe ses soirées d’été, entre kiosques et bars ouverts tard. À mi-parcours se dresse la jetée, structure de fer qui avance d’environ quatre cents mètres dans la mer : construite pour le chargement des marchandises, elle est devenue le signe distinctif de la ville et le poste préféré des pêcheurs du coin.
Le 8 septembre, la Marina fête Maria Santissima di Portosalvo, protectrice des gens de mer : après la procession dans le quartier, la statue portée sur les épaules d’hommes habillés en marins, on l’embarque sur un chalutier et les autres bateaux l’accompagnent au large.
Le centre, le Duomo de Sant’Ippolito et le Parco delle Rimembranze
Le centre de Gioia Tauro est celui d’une ville de plaine née aux XIXe et XXe siècles : rues droites, places larges, arcades et boutiques qui se remplissent le soir pour la promenade. Le cœur en est la Piazza Duomo, où s’ouvre l’église dédiée à saint Ippolito martyr, patron de la ville, qui conserve statues et mobilier sacré du XVIe siècle.
À deux pas se trouve le Parco delle Rimembranze, appelé aussi Villa Ponzio : aménagé après 1923 pour honorer les morts de la Première Guerre mondiale, selon le modèle des parcs du souvenir répandus dans toute l’Italie. C’est le belvédère de la ville, avec un long balcon sur le golfe ; par temps clair, le regard atteint le promontoire de Capo Vaticano, de l’autre côté de la mer.
Le 13 août, Gioia Tauro fête son patron avec la messe solennelle sur la Piazza Duomo et la procession dans les rues, rythmée par les fanfares.
Metauros : la colonie grecque et le musée du Palazzo Baldari
Avant Gioia Tauro il y eut Metauros, fondée au VIIe siècle av. J.-C. par des colons grecs venus de Zancle, l’actuelle Messine, puis attirée dans l’orbite de Locres Épizéphyrienne, qui la contrôla à partir du VIe siècle. Le site resta habité à l’époque romaine.
Les fouilles commencées en 1956 ont mis au jour une vaste nécropole d’environ mille cinq cents sépultures à incinération, datées entre le VIIe et le Ve siècle av. J.-C. : les cendres étaient déposées dans des amphores et des cruches en terre cuite, avec de la céramique corinthienne et attique.
Ces matériaux sont réunis au musée archéologique Mètauros, installé au Palazzo Baldari, édifice du XVIIIe siècle de la via Roma, dans le noyau ancien, avec des verres d’époque romaine et des céramiques médiévales. En 2026, le musée est fermé au public pour les travaux de mise en accessibilité financés par le plan national de relance, qui accompagnent la numérisation des collections.
La plaine : oliviers séculaires, clémentines et huile
Quelques kilomètres vers l’intérieur suffisent pour entrer dans la Piana di Gioia Tauro, la plaine agricole qui s’étend entre la mer et les premiers contreforts de l’Aspromonte. Le paysage est reconnaissable : des oliveraies très denses, avec des arbres des variétés Ottobratica et Sinopolese qui atteignent ici une vingtaine de mètres, si hauts que la récolte a longtemps consisté à attendre la chute naturelle du fruit sur les filets.
L’huile qui en sort relève de l’indication Olio di Calabria IGP. À côté des oliviers poussent les vergers d’agrumes : les Clementine di Calabria IGP, cultivées notamment dans le secteur Gioia Tauro-Rosarno, se récoltent d’octobre à février et se reconnaissent à leur chair presque sans pépins et à leur goût sucré.
Rouler dans cette campagne en hiver, c’est traverser des rangées chargées d’oranges et de clémentines, les moulins tournant à plein régime.
À table : la struncatura et les saveurs de la plaine
Le plat qui identifie Gioia Tauro et sa plaine est la struncatura, des pâtes longues, sombres, à la surface rugueuse. Elle est née à la fin du XVIIIe siècle dans les fabriques artisanales de la zone, qui travaillaient les résidus de la mouture du blé : nourriture très pauvre, vendue à bas prix, elle est entrée pour cela dans les maisons de ceux qui travaillaient aux champs.
La version traditionnelle est dite ammollicata : anchois salés fondus dans l’huile de la plaine, chapelure grillée à la place du fromage, piment et, dans certaines recettes, tomates séchées. Le résultat est savoureux et sec, très loin de la cuisine de carte postale, et reste la meilleure façon de comprendre comment on mangeait ici. La Fondation Slow Food a inscrit la struncatura de la Piana di Gioia Tauro à l’Arche du Goût.
À côté des pâtes viennent le poisson du golfe et les agrumes, qui l’hiver se retrouvent aussi dans les desserts.
Comment venir à Gioia Tauro
En voiture, on arrive par l’A2 Autostrada del Mediterraneo, sortie Gioia Tauro : quelques minutes séparent l’échangeur du centre, et la route nationale 18 relie la ville à Palmi au sud et à Rosarno au nord. Palmi est à une dizaine de kilomètres, Reggio de Calabre à un peu plus de cinquante.
Le train est ici une vraie alternative, ce qui n’est pas courant en Calabre. La gare de Gioia Tauro, en service depuis 1887 sur la ligne tyrrhénienne méridionale, est desservie par les Frecciarossa vers Naples, Rome et Milan, par les Intercity et par les trains régionaux vers Reggio de Calabre, Lamezia Terme, Rosarno et Cosenza. Elle compte six voies, des passages souterrains et des ascenseurs, à quelques minutes à pied du centre.
Deux aéroports desservent la zone : l’Aeroporto dello Stretto de Reggio de Calabre, à une cinquantaine de kilomètres au sud, et celui de Lamezia Terme, à une soixantaine au nord, tous deux accessibles par l’autoroute.
À voir dans les environs
Gioia Tauro se trouve exactement là où la plaine, la Costa Viola et l’Aspromonte se rejoignent, ce qui rend presque tous les trajets courts. Vers le sud, dix kilomètres de nationale mènent à Palmi, avec son musée municipal, la Casa della Cultura et le Monte Sant’Elia dominant le détroit ; de là, la côte continue vers Bagnara Calabra et Scilla, entre plages étroites sous la roche et villages de pêcheurs.
Vers l’intérieur, la plaine propose ses centres anciens : Seminara, connue pour sa céramique artistique et ses ateliers toujours en activité, Taurianova au milieu des agrumes, Cittanova avec son plan du XIXe siècle et son jardin botanique. En montant encore, on entre dans l’Aspromonte, où les hêtraies et les sapinières commencent un peu au-dessus de mille mètres.
Un rayon d’à peine une demi-heure suffit pour passer du sable de la Marina aux sentiers de montagne sans changer de camp de base.
Où dormir : maisons de vacances à Gioia Tauro et dans la plaine
Gioia Tauro est un point de chute commode parce qu’elle est au milieu : la mer à pied, la plaine et l’Aspromonte à quelques minutes de voiture, Palmi et la Costa Viola à un quart d’heure, la sortie d’autoroute et la gare dans la ville. Qui reste une semaine peut changer de décor chaque jour sans refaire ses valises.
Sur la Costa Viola et dans les environs, nous proposons des maisons de vacances entières : deux-pièces pour deux, appartements plus grands pour les familles, avec cuisine, lave-linge et espace extérieur. C’est la solution pratique quand on voyage avec des enfants ou qu’on veut cuisiner ce qu’on achète au marché : les clémentines en hiver et le poisson du golfe.
Les horaires, c’est vous qui les fixez, sans petit-déjeuner imposé ni check-in serré. Vérifiez les disponibilités pour vos dates et envoyez-nous une demande directe : nous répondons avec les logements libres et des conseils sur la zone la plus adaptée.
Questions fréquentes sur Gioia Tauro
Comment est la plage de Gioia Tauro ?
Elle est de sable et très large, s’étend sur des kilomètres le long du quartier Marina et alterne portions libres et établissements. Derrière court le front de mer avec piste cyclable et aire de jeux, accessible à pied depuis le centre.
Peut-on visiter le musée archéologique Mètauros ?
En 2026, le musée, installé au Palazzo Baldari via Roma, est fermé au public pour les travaux de mise en accessibilité financés par le plan national de relance. Il conserve le mobilier funéraire de la nécropole grecque ainsi que du matériel romain et médiéval.
Peut-on visiter le port de Gioia Tauro ?
Non : c’est un terminal commercial de transbordement, en activité depuis 1995, dont les quais sont fermés au public. Les grues et les porte-conteneurs se voient de loin, depuis la plage et le front de mer, et font partie du paysage du golfe.
Quand ont lieu les principales fêtes ?
Saint Ippolito martyr, patron de la ville, est fêté le 13 août avec procession et messe solennelle sur la Piazza Duomo. Le 8 septembre, le quartier Marina honore Maria Santissima di Portosalvo avec la procession en mer à bord des bateaux de pêche.
Quand récolte-t-on les clémentines de la plaine ?
La récolte des Clementine di Calabria IGP s’étend d’octobre à février : c’est la période où la campagne autour de Gioia Tauro et Rosarno est la plus animée, en même temps que le pressage des olives.
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