Rosarno : l’antique Medma, le musée, le parc archéologique et la terrasse sur la plaine

À Rosarno, la Grande-Grèce se visite pour de bon, et sans payer de billet. Le Musée et Parc archéologique national de l’antique Medma occupe une oliveraie séculaire d’environ douze hectares à la périphérie de la ville : à l’intérieur, bien visibles, se trouvent les vestiges d’un édifice public, des maisons d’époque classique avec puits et fours, et le sanctuaire de Calderazzo, l’endroit exact où, entre 1912 et 1913, l’archéologue Paolo Orsi mit au jour une fosse votive longue de trente-trois mètres et établit définitivement l’identification de ce plateau avec Medma, la colonie que les habitants de Locri Epizefiri fondèrent ici pour disposer, avec Hipponion, d’un débouché sur la mer Tyrrhénienne.

Rosarno est aujourd’hui une commune agricole d’environ 14 500 habitants, posée sur une terrasse qui domine le golfe et les agrumeraies de la plaine de Gioia Tauro. Quatre fils : l’histoire de Medma, de la fondation à la destruction, avec les dates telles que les discutent les chercheurs ; la visite concrète du musée et du parc ; le paysage agricole qui se lit depuis la terrasse du bourg ; et la position de Rosarno comme point d’appui entre la plaine et la côte tyrrhénienne.

Medma : la colonie de Locri sur le Tyrrhénien

Lorsque les habitants de Locri Epizefiri cherchèrent un débouché sur la mer Tyrrhénienne, ils fondèrent deux colonies sur le versant opposé de la péninsule : Hipponion, l’actuelle Vibo Valentia, et Medma, sur le plateau de Pian delle Vigne où se dresse aujourd’hui Rosarno. La datation de la fondation n’est pas univoque : la Soprintendenza la situe traditionnellement entre 580 et 570 av. J.-C., mais les fouilles de 2002 au Campo Sportivo ont documenté une fréquentation commerciale de la zone dès la première moitié du VIIe siècle av. J.-C., si bien que l’on parle aujourd’hui d’une fourchette entre le VIIe et le VIe siècle avant notre ère.

À partir du dernier quart du Ve siècle av. J.-C., Medma se dota d’un plan urbain régulier, avec des îlots orthogonaux orientés nord-est sud-ouest, et d’une rue pavée datable d’environ 400 av. J.-C., dont des tronçons ont été mis au jour par les fouilles. Ce fut aussi une cité qui tenta de se détacher de sa métropole : l’historien Thucydide raconte qu’en 422 av. J.-C. Medma et Hipponion s’affrontèrent à Locri dans une tentative de s’émanciper, un épisode qui montre à quelle vitesse les deux colonies tyrrhéniennes s’étaient forgé une identité propre.

La déportation de Denys et la redécouverte de Paolo Orsi

L’autonomie fut de courte durée. L’historien Diodore de Sicile raconte qu’en 396-395 av. J.-C. Denys Ier, tyran de Syracuse, déporta à Messine environ quatre mille habitants de Medma. La cité ne disparut pourtant pas : les fouilles documentent une continuité d’occupation qui va jusqu’au premier quart du IIIe siècle av. J.-C., avant que le site ne perde peu à peu son nom et son identité, si bien que sa position exacte resta pendant des siècles une énigme pour les historiens.

Ce fut Paolo Orsi qui résolut l’énigme : entre 1912 et 1913, il fouilla l’aire sacrée de contrada Calderazzo et y trouva une fosse votive longue de trente-trois mètres, remplie d’ex-voto en terre cuite, en céramique et en métal. Orsi présenta les terres cuites au monde scientifique en 1914 : les statuettes, bustes et têtes féminines connus sous le nom de korai de Medma comptent encore aujourd’hui parmi les plus raffinés de toute la Grande-Grèce, par leur qualité et la variété des types. Les deux collections principales se trouvent aujourd’hui au musée de Rosarno et au Musée archéologique national de Reggio de Calabre, tandis que d’autres pièces sont conservées dans des musées italiens et étrangers.

Le Musée et Parc archéologique national de Medma

Le Musée et Parc archéologique national de l’antique Medma se trouve via Filippo Medma 1, a été institué en 2014 et relève de la Direction régionale des Musées nationaux de Calabre ; l’entrée est libre. Le parcours d’exposition se divise en trois pôles : la nécropole, avec environ six cents tombes du VIe au IIIe siècle av. J.-C. repérées à environ un kilomètre au sud de l’habitat antique ; les sanctuaires, avec les ex-voto alignés le long d’une voie sacrée idéale ; et le mobilier provenant de l’habitat. Parmi les pièces les plus importantes figure une statue en terre cuite d’Athéna Promachos, recomposée à partir de fragments des fouilles Orsi et datable vers 500-460 av. J.-C. : le corps recomposé mesure environ quatre-vingt-dix centimètres, la statue entière est estimée à environ un mètre soixante, et c’est le seul témoignage de statuaire presque grandeur nature du sanctuaire de Calderazzo, dont le dépôt votif comptait plus de quatre mille fragments.

Le parc archéologique, attenant au musée, occupe environ douze hectares dans le secteur nord-ouest de la terrasse de Pian delle Vigne, au sein d’une oliveraie séculaire : on y voit les vestiges d’un grand édifice public, quelques habitations d’époque classique dotées de puits et de fours, et l’édifice sacré de Calderazzo, mis au jour entre 2014 et 2018. En mars 2025, la Ville métropolitaine de Reggio de Calabre a achevé des travaux de requalification de la zone, et en mai 2026 la Direction régionale des Musées, la Ville métropolitaine et la commune de Rosarno ont signé une convention pour la gestion unitaire du musée et du parc. Les horaires peuvent varier : avant de partir, mieux vaut les vérifier sur la fiche officielle du ministère de la Culture.

Rosarno : le centre, la tour et la terrasse sur la plaine

Rosarno couvre 39,56 kilomètres carrés et compte environ 14 500 habitants, les rosarnesi, et se dresse entre 61 et 67 mètres d’altitude, à la pointe nord de la plaine de Gioia Tauro. Le toponyme, d’origine byzantine tiré du patronyme Rùsari, apparaît pour la première fois en 1037 dans un document napolitain. Le séisme du 5 février 1783 détruisit le bourg et affaissa la vallée du fleuve Mesima, provoquant des marécages et le paludisme : le village se dépeupla et fut reconstruit au cours du XIXe siècle, notamment grâce aux assainissements ultérieurs.

Le saint patron est saint Jean-Baptiste, fêté le 24 juin ; l’église paroissiale qui lui est dédiée fut élevée en 1999 au rang de sanctuaire diocésain de la Madonna di Patmos, lié à la découverte sur le rivage d’une statue en bois venue de l’île grecque de Patmos. Le monument civique emblème de la ville est la Tour de l’Horloge, érigée en 1812 sur la piazzetta San Giovanni Bosco. Le territoire communal, il faut le dire clairement, ne touche plus la mer : depuis le 28 novembre 1977, le littoral appartient à la commune autonome de San Ferdinando, née comme hameau des assainissements du XIXe siècle et rendue indépendante de Rosarno par une loi régionale. D’ici, on voit le golfe, à environ six kilomètres à vol d’oiseau du port de Gioia Tauro, mais on le regarde d’en haut, comme depuis un balcon.

Les agrumeraies de la plaine et une position entre terre et mer

Derrière le centre s’ouvre la plaine de Gioia Tauro, également appelée plaine de Rosarno : environ 24 300 hectares (243 km²) entre le Tyrrhénien, le mont Poro, le Dossone della Melia et le mont Sant’Elia de Palmi, traversés par les fleuves Mesima, Metramo et Vacale, cultivés surtout en oliviers et en agrumes. Rosarno relève de l’aire de production de la Clémentine de Calabre IGP, reconnue par l’Union européenne en 1997, et ses oliveraies partagent avec le reste de la Calabre les cultivars Ottobratica et Sinopolese de l’Huile de Calabre IGP : ici, elles sont moins un produit soumis à un cahier des charges que le paysage que l’on voit depuis la terrasse, le toit vert et argenté de la plaine. Dans l’après-guerre, des centaines de familles paysannes occupèrent les terres domaniales incultes de la zone appelée il Bosco, les transformant en agrumeraies et oliveraies qui forment aujourd’hui le hameau du même nom.

Sa position fait aussi de Rosarno un point d’appui pratique : la sortie de l’autoroute A2 del Mediterraneo, la gare ferroviaire en service depuis le 21 décembre 1891 et aujourd’hui gare RFI de catégorie Silver sur la ligne Battipaglia-Reggio de Calabre, et le port de Gioia Tauro à environ six kilomètres à vol d’oiseau. Le territoire est classé en zone sismique 1, la plus élevée, et connaît un climat méditerranéen, la cuvette de la plaine favorisant de forts écarts thermiques journaliers et de fréquentes inversions de température.

Que voir dans les environs

Le port de Gioia Tauro et les vestiges de l’antique Metauros, la colonie grecque sœur de Medma sur la côte, sont à quelques minutes en voiture : c’est là, et non à Rosarno, que se raconte l’histoire du grand port à conteneurs et de la ville qui l’a précédé de millénaires. Vers l’intérieur, les autres communes de la plaine partagent avec Rosarno le même paysage d’agrumeraies et d’oliveraies, tout en ajoutant chacune son propre centre historique, comme Cittanova et Taurianova.

Qui cherche la mer la trouve tout au long de la bande côtière de la plaine, avec des plages de sable faciles d’accès et moins fréquentées que celles de la Costa Viola plus au sud ; là encore, la plage la plus proche de Rosarno ne se trouve pas dans la commune, mais à quelques minutes de route. C’est une zone qui se visite bien en combinant en une seule journée l’archéologie de l’arrière-pays et la mer de la côte.

Où loger : maisons de vacances à Rosarno et dans la plaine

Rosarno n’a pas de vocation touristique côtière, mais sa position centrale dans la plaine en fait une base pratique pour qui veut visiter Medma et le musée tout en restant à quelques minutes de la mer. Nos maisons de vacances sont concentrées surtout le long de la côte de la plaine, vers Gioia Tauro, et permettent d’alterner une matinée entre fouilles et agrumeraies avec un après-midi à la plage.

Avec un appartement rien qu’à vous, vous avez la liberté d’organiser vos journées comme vous le souhaitez, en cuisinant les produits de la plaine ou en rentrant à l’heure qui vous convient après un dîner à l’extérieur. Consultez les disponibilités et envoyez-nous une demande directe : nous vous aidons à trouver le logement le plus adapté à votre séjour.

Questions fréquentes sur Rosarno

Qu’est-ce que Medma, et quel est son rapport avec Rosarno ? Medma était la colonie que les habitants de Locri Epizefiri fondèrent entre le VIIe et le VIe siècle av. J.-C. sur le plateau où se dresse aujourd’hui Rosarno, pour donner à Locri un débouché sur la mer Tyrrhénienne ; la découverte en 1912-1913 de l’aire sacrée de contrada Calderazzo, par Paolo Orsi, a permis d’identifier avec certitude ce site à la cité antique.

Le musée et le parc archéologique se visitent-ils gratuitement ? Oui, l’entrée au Musée et Parc archéologique national de l’antique Medma est libre ; les horaires peuvent varier, mieux vaut donc vérifier la fiche officielle du ministère de la Culture avant de partir.

Rosarno est-elle une station balnéaire ? Non. Le territoire communal n’atteint plus la côte depuis 1977, lorsque le hameau de San Ferdinando est devenu une commune autonome en emportant le littoral ; depuis Rosarno, on voit le golfe d’en haut, et la mer la plus proche est à quelques kilomètres.

Que cultive-t-on dans la plaine autour de Rosarno ? Surtout de l’olivier et des agrumes : Rosarno fait partie de l’aire de la Clémentine de Calabre IGP et partage avec le reste de la région les cultivars Ottobratica et Sinopolese de l’Huile de Calabre IGP, qui forment ici le paysage visible depuis la terrasse du bourg.

Où sont conservées les terres cuites votives trouvées par Paolo Orsi ? Les deux collections principales se trouvent au musée de Rosarno et au Musée archéologique national de Reggio de Calabre ; d’autres pièces se trouvent dans des musées italiens et étrangers.

Explorer par catégorie

Guides par catégorie et commune sur la Costa Viola