Produits typiques de l'Aspromonte : guide des 8 saveurs de la montagne

Derrière la Costa Viola, l'Aspromonte s'élève de la mer jusqu'à près de deux mille mètres : une montagne âpre et généreuse, où le parfum salin rencontre celui de la résine et de la forêt. Ici, entre oliviers millénaires, hêtraies séculaires et pâturages suspendus entre les nuages, la Calabre garde un garde-manger de saveurs qui semble venu d'un autre temps. Il y a l'huile verte des olives fraîchement pressées, la morue séchée qui renaît dans l'eau de source, les fromages de chèvre au goût d'herbes sauvages, les champignons et les châtaignes cueillis à l'aube, le miel qui renferme toute une floraison, la charcuterie épicée de la tradition paysanne, le torrone parfumé de miel et d'amandes et les vins héroïques arrachés à la roche au-dessus de la mer. Voici huit produits typiques de l'Aspromonte à goûter, à aimer et à rapporter : un voyage dans la saveur, entre les villages et les boutiques où chaque goût a encore un visage et une histoire.

Huile d'olive extra vierge – l'or vert d'oliviers millénaires

Au pied de l'Aspromonte, entre Oppido Mamertina et les villages perchés de Sinopoli et Delianuova, s'étend l'une des plus grandes étendues d'oliviers d'Europe : des arbres monumentaux, certains millénaires, aux troncs tordus comme des sculptures. D'ici naissent deux cépages autochtones, l'Ottobratica et le Sinopolese, qui donnent une extra vierge au fruité léger, aux arômes d'herbe fraîchement coupée, d'artichaut et d'amande et à la finale douce et à peine piquante. En automne, les moulins travaillent jour et nuit et l'air s'emplit du parfum de l'huile nouvelle : verte, dense et très parfumée, à verser crue sur le pain chaud avec une pincée de sel. C'est l'âme liquide de la cuisine de l'Aspromonte, le geste qui accompagne chaque plat, de la simple bruschetta aux herbes des champs.

Stocco de Mammola – le miracle de la morue dans l'eau de montagne

C'est l'une des histoires gastronomiques les plus surprenantes du Sud : dans le village de Mammola, sur le versant nord de l'Aspromonte, la morue séchée importée des mers froides de Norvège renaît grâce aux eaux de source très pures de la montagne. Le long trempage – des jours entiers dans l'eau courante, fraîche et riche en minéraux – la transforme en un produit tendre, blanc et délicat, unique en son genre : c'est le stocco de Mammola, célébré chaque août par une fête qui attire des milliers de gourmands. On le déguste "alla mammolese" avec pommes de terre, poivrons et olives, en salade, frit en beignet ou dans un ragù parfumé qui assaisonne les pâtes maison. Cittanova, dominant le col de la Limina, est la porte idéale pour explorer ce versant vert et caché.

Fromage de chèvre et fromages de l'Aspromonte – le goût sauvage des pâturages

Là où finissent les routes et commencent les pâturages, l'Aspromonte devient terre de bergers. Dans les villages de montagne comme Sant'Eufemia d'Aspromonte, Delianuova et Molochio, chèvres et brebis paissent entre genêts, origan et thym sauvage, et ce parfum de maquis passe directement dans le lait. En naissent le fromage de chèvre de l'Aspromonte, frais et velouté avec une pointe acidulée, les pecorinos affinés dans des grottes humides aux notes de noisette et de sous-bois, la ricotta encore tiède qui fond en bouche et la ricotta fumée, lentement parfumée par la fumée du bois de chêne. Ce sont des fromages vivants, souvent encore faits à la main à l'aube dans de petites fermes familiales, à déguster avec un filet de miel de châtaignier et un verre de rouge.

Cèpes et châtaignes – le trésor d'automne des bois

Quand l'automne enflamme de rouge et d'or les hêtraies et les châtaigneraies de l'Aspromonte, la montagne se peuple de cueilleurs à l'aube, panier d'osier à la main. C'est la saison des cèpes, charnus et très parfumés, et des châtaignes douces et farineuses qui furent pendant des siècles le pain de la montagne. Autour de Varapodio, Molochio, Cosoleto et de la verte Gambarie, on les récolte, on les sèche et on les transforme en confitures, farines douces, crèmes et plats au goût de forêt. Cèpes à l'huile, tagliatelles aux champignons, châtaignes grillées sur la braise et le parfum du pain de châtaignes : c'est l'Aspromonte le plus authentique, celui que l'on mange autour du feu tandis que dehors tombe la première brume.

Miel de l'Aspromonte – le nectar du Parc National

Au cœur du Parc National de l'Aspromonte, où fleurissent des centaines d'espèces botaniques, beaucoup rares, les abeilles trouvent un paradis. Des floraisons d'altitude naissent le miel de fleurs de montagne, floral et changeant, et le miel de châtaignier, ambre foncé au goût intense et légèrement amer qui conquiert les palais exigeants ; en descendant vers Seminara et la Plaine, les agrumes offrent des miels d'oranger et d'eucalyptus, dorés et très délicats. Ce sont des miels de petits apiculteurs qui suivent les floraisons de bois en bois, souvent biologiques et crus, parfaits sur un pecorino affiné, fondus dans une tisane ou simplement dégustés à la cuillère. Un souvenir qui renferme dans un pot tous les parfums de la montagne.

Soppressata, capocollo et 'nduja – le garde-manger du feu et du cochon

En Aspromonte, l'hiver sent la cheminée et le cochon : c'est le temps de l'"ammazzata", le rite paysan qui remplit les garde-manger pour l'année. Ainsi naît la trinité de la charcuterie calabraise : la soppressata, pressée à la main et épicée, à la tranche marbrée ; le capocollo parfumé au poivre et aux graines de fenouil ; et la flamboyante 'nduja à tartiner, moelleuse de piment fort, aujourd'hui célèbre dans le monde entier. Pour les accompagner, les conserves à l'huile qui capturent l'été – aubergines, poivrons, tomates séchées, champignons et olives – et le piment, véritable âme de la cuisine calabraise. Dans les villages autour de Taurianova et dans la Plaine, ces spécialités se trouvent encore dans les charcuteries de village et sur les marchés paysans, coupées au couteau et offertes à la dégustation.

Torrone de Bagnara et douceurs de la tradition – la douceur de Calabre

Là où l'Aspromonte plonge dans la mer, à Bagnara Calabra, on prépare depuis des siècles le Torrone di Bagnara IGP : amandes, miel, sucre et épices – cannelle, clous de girofle, bergamote – travaillés encore à la main et enrobés de cacao (le "Martiniana") ou de glaçage brillant (le "Torrefatto glassato"). C'est une douceur de cérémonie, croquante et très parfumée, gardée par les maîtresses torronaie de Bagnara. Autour gravite toute la pâtisserie de la tradition : les petrali fourrés de figues, noix et miel de Noël, les nacatole frites et saupoudrées de sucre, les mostaccioli au miel et les figues sèches farcies d'amande. Chaque fête de l'Aspromonte a sa douceur, et chacune raconte une histoire de famille.

Vins héroïques et liqueurs – du Zibibbo à la bergamote

Sur les terrasses à pic sur la mer, là où l'Aspromonte rencontre les vagues de la Costa Viola, survit une viticulture "héroïque" : des vignes accrochées à la roche, cultivées à la main sur des murets de pierre sèche qui défient la pente. Autour de Palmi, Scilla et Bagnara naissent des vins rares et intenses – du Zibibbo doux aux blancs parfumés de maquis et d'embruns – qui racontent l'effort et la beauté de cette terre. Pour clore le repas, les grandes liqueurs calabraises : l'amaro aux herbes de l'Aspromonte, le rosolio, le nocino d'été et surtout la liqueur de bergamote, l'agrume roi de cette terre, au parfum incomparable qu'aucun autre lieu au monde ne sait donner. Un toast qui a le goût du soleil, de la mer et de la montagne à la fois.

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